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sur Alixe Fu

Alixe Fu né à Taïwan en 1961, après de sérieuses études universitaires aux Beaux-arts de Taipei, arrive en France en 1987. De 1988 à 1989 il complète sa formation aux Beaux-arts de Paris.  
En 1991, le Ministère de la Culture lui attribue un Atelier à la Cité des Artistes d’Auvers-sur-Oise. Les créations d’Alixe Fu expriment l’image des expériences humaines, conscientes ou subconscientes, désirantes ou répressives, réelles ou virtuelles.

Sa carrière internationale se partage entre expositions personnelles depuis 1983 (Chine, Etats-Unis, France, Japon et Taïwan), et expositions collectives (Musée National d’Histoire de Taiwan, Musée de Taipei, Grand Palais et Centre Georges Pompidou à Paris).

Alixe FU est issu d’un clan (ChingHe) refugié de HePei (nord de la Chine) au FuChien (sud) au début de l’Empire de YuanTi (317-322), pendant la dynastie TungChin (317-420). Ses ancêtres, pirates, écumaient le Détroit de Taiwan sous la conduite de leur chef, Nicholas Iquan. Celui-ci, après s'être rendu à l'Empereur ShihtSu de la dynastie Ching (1644-1911) en 1646 à Pékin, fut assassiné en 1660. Les ancêtres d'Alixe s’installèrent alors dans un village de Taiwan.

Alixe est le dernier des 5 enfants d’une famille paysanne vivant dans le dénuement et l’oppression. A sa naissance, son père, qui avait, à l’évidence, conservé l'esprit d'aventure ancestral, abandonne femme et enfants, un couteau caché dans sa botte! Pour la famille devenue monoparentale, c'est alors le début d'une vie d'errance dans les grandes villes.

Immensément seul, Alixe s’interroge très tôt sur sa condition et, très tôt, cherche un remède dans l’art, bien que celui-ci fût perçu alors comme un instrument de domination des classes aisées. Il se donne complètement, dans l’errance du vide et la constellation des hasards, pour reprendre les termes de Badiou évoquant la situation de l’être au bord du Vide. 

Pour appréhender sa nature profonde et découvrir le monde où il lui faudrait vivre afin d’être lui-même, Alixe prend le corps comme paysage et s’en sert comme moyen d’expression de ses sentiments. Un paysage flottant qui fait prendre conscience à l’homme de ses racines, qui nourrissent et soutiennent l’arbre qu’est son être. Et le corps intériorisé sort de son enveloppe et s’échappe du tableau, en même temps que de la société.

Il y a 20 ans, sans savoir ce qui l’attendait, en butte à des politiques de plus en plus contraignantes, Alixe décide de quitter son pays natal pour un pays étoffé de rêves, la France, et un paysage étourdi de drames, Auvers, où le Ministère de la Culture français lui attribue un atelier dans l’ombre de Van Gogh.

Esprit en exil, monde en partage, Alixe connait l’expansion de l’être qui nait des rêveries cosmiques. Il a voulu suivre les images qui ouvrent le monde et l’agrandissent, images cosmiques sans cesse tentées par la dialectique du sujet stimulé et du monde excessif. Redécouvrant ainsi, à travers la mise en contradiction d’angles de vue radiographique multiples, les règles constructives de la vision inversée, Alixe crée un espace que des phénomènes de superposition perceptives rendent alternativement intérieur ou extérieur, à la fois réalité du virtuel et virtualité du réel. Dans cette transparence, les formes s’approchent et s’élargissent d’une manière inversement proportionnelle à leur éloignement, les formes les plus lointaines apparaissant les plus proches, et provoquent une poussée vers l’avant de l’espace du tableau. Cet écrasement des espaces, d’une part, agit comme facteur de dématérialisation du support et, d’autre part, renforce la nature fissipare de la surface picturale. C’est un paysage du corps globalisé, distant et proche, passé et présent, conscient et subconscient. Des clichés pris par l’artiste opérant par une simultanéité du point de vue (fig.1-4). Des énergumènes aux yeux exorbités qui exhument et déchirent le passé pour s’adresser au spectateur. « Toutes les lourdeurs deviennent légeres », comme le relevait Nietzsche au sujet de l’opéra “Carmen’’.

A souligner aussi l’usage paradoxal que fait Alixe Fu de l’encre noire – cette fissiparité de la vision étincelante – contribuant en cela, au cours des sombres années d’errance, à la déconstruction de la perspective chinoise. Dans les séries « Plante-Homme, Animal-Homme » et « L’Oeil Rouge », il révèle le vrai visage non seulement des Chinois, mais encore de l’humanité toute entière. Il dénonce toutes les lettrés de la peinture chinoise au pinceau. La lecture de l’art est une dimension du psychisme moderne.

Alixe Fu's Art
The King, peinture à l’huile, 130x195cm,, 2006

 

  Alixe Fu's Art Alixe Fu's Art
Bird-man, peinture mixte, 178x96cm, 2006 (Right) Gamin, peinture mixte, 178x96cm, 2006
 Alixe Fu's Art
       fig.4. L’âne-homme, peinture à l’huile, 160.5x203.5cm, 2006

S’il vous plaît visite http://www.alixefu.com pour des informations plus détaillées sur Alixe Fu.